[Qui froisse à Delphes le laurier]
ROBERT MARTEAU
JE CONSENS QUE TOUT S'EFFACE]
Je consens que tout s'efface
Si survient la source qui surgit
En jet : joie ot le fleuve jaillit
Même s'il n'est de nous nulle trace
Après que les pas auront passé
Même si nulle part une rayure
Ne reste comme un sillon laissé
Au verso de l'emblavure
Voici le champ levé haut
Le chemin que tracent nos planètes
Le lait convoité tant de miettes
Qu'aucune main n'amasse là-haut.
[QUI FROISSE À DELPHES LE LAURIER]
Qui froisse 4 Delphes le laurier
Le mäche et crache le poéme
N'est plus que l'ombre de soi-méme
Qui marche et boite ivre ouvrier
De l'onzième heure celle où sonne
L'appel ultime pour le don
Et le dû en un seul chardon
Offerts à qui reçoit et donne
Vienne aussi d'Orphée en Argos
La voix aux taches violettes
Sur la mer dont les eaux sujettes
À l'effroi roulent au chaos
Le chant la chair et les os
Fracas si pareil au silence
Qu'aucun ne connaît de science
Certaine où cognent les échos.
Structure
31 lines · 5 stanzas