("Mais que se taise celle qui veille...")

Mais que se taise celle qui veille encor
Sur l'ätre, son visage étant chu dans les flammes,
Qui reste encore assise, étant sans corps.
Qui parle pour moi, ses lèvres étant fermées,
Qui se léve et m'appelle, étant sans chair,
Qui part laissant sa tête dessinée,
Qui rit toujours, en rire étant morte jadis.
Tais-toi puisqu'aussi bien nous sommes de la nuit
Les plus informes souches gravitantes,
Et matière lavée et retournant aux vieilles
Idées retentissantes où le feu s'est tari,
Et face ravinée d'une aveugle présence
Avec tout feu chassée servante d'un logis,
Et parole vécue mais infiniment morte
Quand la lumière enfin s'est faite vent et nuit.

Structure

15 lines · 4 stanzas